Ah, le Catogne, cette magnifique pyramide qui marque de sa présence le coude de Martigny, en Valais. C’est de le voir là, en face de moi, en roulant sur l’autoroute A9, qui m’a donné envie d’y faire un tour. À la hauteur du relais du Grand Saint-Bernard, tu peux le voir apparaître dans toute sa splendeur.
La naissance de l’idée
Petit à petit, à force de le voir et de le revoir, j’ai eu envie de savoir. Savoir comment atteindre sa cime. Carte en main, j’ai donc élaboré le tour que je vais te présenter aujourd’hui.
À vrai dire, je n’en suis pas à mon coup d’essai. J’ai déjà fait ce parcours une première fois il y a trois ans. Lors de cette première randonnée, je partais en soirée, pour un bivouac sur le « replat du 700e ». Un des plus beaux spots de bivouac réalisé à ce jour. J’y reviendrai un peu plus bas dans cet article.
Hier, de passage du côté de Verbier, j’observe le versant est de la montagne. J’ose à peine imaginer qu’il soit possible de traverser facilement ce versant abrupt. De là est née l’envie de refaire ce parcours et, surtout, de partager cette aventure.
Champex-Lac : lieu de départ
L’aventure commence donc à Champex-Lac, étape bien connue du tour du Mont-Blanc. Plus précisément, sur le parking du télésiège (1497 m). C’est là le point de départ et d’arrivée de cette randonnée en boucle.
Depuis Champex, lorsque tu lèves la tête, à la hauteur du jardin alpin, la première question qui surgit à ton esprit pourrait bien être : « comment vais-je faire pour arriver jusque là-haut ? ». C’est vrai que le dénivelé semble impressionnant. Et il apparaît là, crument, totalement accessible à ton regard. Parfois, je me demande si c’est pas plus rassurant de ne pas voir où l’on va :-)
Une montée escarpée
C’est vrai que cette première montée est plutôt… escarpée. Un sympathique petit chemin qui serpente dans la forêt d’épineux. Tantôt dans les éboulis, tantôt avec quelques passages de roches à franchir, parfois équipés de chaînes. La majeure partie de la montée est pourtant composée d’un sentier bien praticable, serpentant entre les racines apparentes.
Quelques enjambées et gouttes de sueur plus tard, tu peux déjà bénéficier d’une magnifique vue sur le lac de Champex. Il s’offre pour la première fois à ton regard. C’est là que tu peux également prendre conscience du chemin déjà parcouru. Plutôt rassurant au vu du dénivelé à parcourir.
Les premières cimes environnantes commencent également à apparaître, encore partiellement cachées par les sapins.
Vue sur le Grand Combin
Après une bonne heure d’effort, te voilà sur le replat du 700e (2229 m). Un panorama impressionnant s’ouvre devant justifiant à coup sûr les efforts investis dans cette première montée. Là, en face de toi, les Combins dans toute leur splendeur avec le majestueux Grand Combin qui capte immédiatement ton attention.
Sur la gauche, au loin, ton regard se porte également sur la station de Verbier. Vers le bas, une vision impressionnante sur Orsières et le Val d’Entremont, avec la fameuse route qui mène au col du Grand Saint-Bernard.
Cet endroit est un véritable nid d’aigle. Et c’est là que tu commences à véritablement découvrir les charmes de ce Catogne : des versants abrupts qui dévoilent tout de son environnement.
Un nid d’aigle pour bivouaquer
C’est précisément à cet endroit que j’ai décidé de bivouaquer lors de ma première randonnée. Je garde les images de ce bivouaque comme l’un des plus beaux réalisé à ce jour. Je me sentais réellement comme un oiseau surplombant la vallée.
Alors attention, la surface pour poser ta tente est plutôt restreinte. J’avais, à l’époque, tout de même réussi à fixer une tente trois places. Et oui, de temps en temps, j’aime bien le confort et l’espace !
Dans ce genre de lieu, il convient juste de faire attention lorsque tu vas aux toilettes au milieu de la nuit. Un faux pas au milieu de la nuit, alors que tu es encore à moitié endormi, peut effectivement s’avérer quelque peu risqué…
Bon, pour aujourd’hui, ce replat demeure une simple étape sur le parcours vers le sommet. Le temps de faire une petite pause-panorama.
Traversée à flanc de coteau
C’est maintenant le début d’une longue traversée à flanc de coteau jusqu’en dessous du sommet. Dans mes souvenirs, cette traversée apparaissait relativement plate. Si c’est bien le cas jusqu’au replat du Fratsay (2270 m), ce n’est plus du tout identique pour la suite de l’itinéraire.
En effet, s’il y a bien quelques tronçons à plat par-ci par-là, la majorité du trajet est ponctuée de montées et de descentes relativement en pente.
Pour cette première partie du parcours, jusqu’au replat du Fratsay, nous effectuerons cette portion en aller-retour. À partir de ce point commence notre circuit en boucle. Sur ce replat, tu peux donc voir le sentier escarpé par lequel nous allons arriver à la fin de ce tour. Bon, pour l’instant, nous continuons à flanc de coteaux. Ouf !
Ce premier secteur est très fréquenté par le gibier. Il est très courant d’y apercevoir des quadrupèdes. Pour ma part, j’ai eu la chance de croiser le chemin de deux chamois solitaires, à deux endroits différents du parcours.
Premiers passages vertigineux
Cette section à flanc de coteau te laisse augurer de la suite du parcours. Si tu as déjà des relents de vertige à ce moment-là, mieux vaut ne pas aller plus loin. Ou du moins, éviter le flanc est du Catogne. Tu peux dès lors, depuis le sommet, revenir par le même sentier.
Cette traversée se fait au milieu de couloirs et goulets. Autant te dire qu’il vaut mieux éviter cette randonnée s’il y a encore des traces de neige sur les flancs du Catogne. Même en terrain estival, il convient d’être attentif ou tu poses chacun de tes pieds. Certains passages sont équipés de chaînes afin d’en faciliter l’accès.
Je te recommande également d’être attentif aux chutes de pierres qui peuvent, par exemple, être déclenchées par un animal situé côté amont. Bon, je t’avoue que le risque est plutôt faible et je n’y ai pas du tout été confronté lors de mes deux randonnées.
Après cette longue traversée sur le coteau ouest, te voilà prêt pour la grande montée vers le sommet du Catogne. Elle ne pose pas de problème particulier si ce n’est qu’elle est… escarpée ! Bon, j’imagine que maintenant tu commences à y être habitué.
Pour en revenir sur cette première section, jusqu’au sommet, je te recommande vraiment de prendre ton rythme et d’y aller tranquille, un pas après l’autre. Surtout, évite de vouloir forcer ou de démarrer trop vite : arrivé en haut, il nous reste encore passablement de chemin à parcourir !
Si, sur cette première partie, je n’ai croisé aucun individu, le sommet est déjà occupé par une dizaine de personnes. Celles-ci sont parvenues jusque-là par l’autre versant, qui semble bien plus fréquenté. C’est vrai que j’y aperçois une kyrielle d’autres randonneurs encore sur la montée.
Au sommet du Catogne… quel panorama !
Arrivé sur le point culminant de ce tour (2598 m), je dois bien avouer que le panorama récompense amplement les efforts consentis pour y parvenir. Le Catogne, en montagne solitaire, offre un panorama exceptionnel sur la plaine autant que sur les sommets environnants. À l’Ouest, tu peux apercevoir le Val d’Arpette, ce fond de vallée que nous avions parcouru en début d’année, lors de la randonnée entre le col de la Forclaz et Champex-Lac.
Au Nord, tu peux admirer, en vue plongeante, la plaine du Rhône, notamment côté Bas-Valais, jusqu’à apercevoir, tout au fond, le lac Léman. Heureusement, le temps est dégagé. Il permet de profiter pleinement du spectacle, contrairement à ce que j’avais expérimenté deux ans plus tôt.
Après une courte pause au sommet, c’est la descente sur l’autre versant. J’ai l’impression de faire un plongeon côté vallée du Rhône !
Après la traversée des quelques blocs de pierre sommitaux, le sentier est bien marqué, offrant même parfois la vue sur la suite du parcours, plus bas, dans les éboulis. Bon, chaque chose en son temps, nous n’en sommes pas encore là.
Myrtilles et bouquetins
Après quelques bifurcations, tu vas te retrouver au milieu de champs de myrtilles, miam miam. À vrai dire, toutes n’en sont pas ! Pour vraiment te régaler, mieux vaut savoir les distinguer et éviter les fausses myrtilles, moins savoureuses à mon goût. Et, surtout, elles ne permettent pas de colorer ta langue ;-)
Après quelques nouvelles descentes bien raides – eh oui, tous les flancs du Catogne le sont ! – nous arrivons enfin dans la partie des éboulis observée plus haut. Lors de ma première randonnée, à cet endroit, j’avais pu observer plusieurs troupeaux de bouquetins. Contrairement aux chamois, beaucoup plus farouches, les bouquetins se laissent observer sereinement. Un véritable plaisir pour les yeux de voir ce magnifique et imposant animal dans son milieu naturel.
Quelques pas plus loin, au-dessus de Mont Regard, nous croisons quelques chasseurs venus repérer le gibier. J’imagine que c’est bientôt la période de la chasse et cette zone doit certainement être très courue durant cette période.
Les flancs à pic du Catogne
Après ces quelques centaines de mètres à plat, nous voilà à nouveau sur un flanc bien raide, principalement recouvert d’herbe. Le sentier est relativement étroit, un peu érodé à certains endroits. Dans cette partie, mieux vaut avoir le pied sûr, car, en dessous, la pente, escarpée sur des centaines de mètres, ne pardonne pas le moindre faux pas.
Certains passages courts se font sur des rochers, sans aucun système de sécurité de type chaîne ou câble pour te tenir. Tu peux donc compter uniquement sur ta propre assurance et ton sens de l’équilibre.
Un peu plus loin, une montée dans les rochers demande un peu plus d’attention encore. Le terrain est en effet rendu particulièrement glissant par l’aspect humide de la roche.
Aisance et bonne condition physique
Découvrir cette partie est du Catogne, avec ses sentiers de traverse, nécessite donc d’être à l’aise avec le vide, sans aucun vertige, et avec une bonne aisance, quel que soit le type de terrain.
Une fois ces premiers obstacles passés, le sentier longe une impressionnante barre rocheuse. Là encore, la montée dans l’herbe est abrupte. La fatigue aidant, ce raidillon s’avère physiquement difficile.
Une fois en haut, quelle satisfaction cependant devant ce panorama auquel rien ne fait obstacle. J’ai un peu l’impression d’être un grimpeur au milieu de sa falaise. Juste un petit endroit pour m’asseoir et profiter de ce spectacle unique.
À partir de ce point, l’accès au Bonhomme (2436 m) – enfin, au col qui se trouve juste en dessous – est relativement aisé. Si ce n’est qu’il convient de garder une attention constante sur ce sentier qui demeure aérien. Au col, je suis accueilli par un petit vent frais qui fait du bien.
La boucle est bouclée
Après une dernière pause, je me lance dans la descente, dans un terrain escarpé et glissant. Là, il est nécessaire de veiller à éviter de faire rouler les pierres du sentier. Eh oui, un peu de respect pour les randonneurs qui peuvent évoluer en dessous ;-)
Une fois ce passage franchi, c’est le retour au replat du Fratsay (2270 m), ce lieu par lequel nous sommes déjà passés. Ça y est, la boucle est bouclée !
Ce n’est pas pour autant que nous sommes arrivés, la longue descente sur Champex (1497 m) nous attend encore. Cette dernière partie de l’itinéraire s’effectue via le même chemin qu’à la montée. Avec la fatigue accumulée jusqu’ici, je dois dire que cette descente raide est particulièrement douloureuse pour mes muscles. Arrivé au bas de la côte, je suis ravi de récupérer quelque peu en marchant, tranquillement à plat, jusqu’à la voiture.
Conditions impératives pour effectuer cette randonnée
De mon point de vue, les trois conditions suivantes doivent être remplies pour te lancer dans cette rando. Il y a suffisamment d’autres belles balades à faire pour éviter de prendre des risques sur ce genre d’itinéraire.
- Avoir une bonne condition physique : cette randonnée représente 1500 m de dénivelé positifs et négatifs sur 11 kilomètres de distance. Si les chiffres ne te parlent pas, garde simplement en tête qu’il faut une très bonne condition physique :-D
- Être à l’aise avec le vide : les sentiers à flanc de coteaux se trouvent dans des pentes raides. À certains endroits, il y a donc une sensation de vide importante lorsque tu regardes vers le bas. Assure-toi d’être parfaitement confortable avec ce type de situation. Donc, si tu souffres de vertige, cette randonnée n’est pas faite pour toi. Tu en trouveras certainement d’autres, mieux adaptées, sur ce site.
- Avoir le pied sûr : certains sentiers sont étroits, avec des tronçons en mauvais état ou des passages pierreux à franchir. Il est donc indispensable d’avoir un pas assuré dans ce type de terrain. La fatigue aidant, la situation peut devenir critique si tu n’es pas sûr de tes pas. À noter également que la plupart des passages critiques ne sont pas sécurisés avec des chaînes ou des câbles. Tout repose donc sur ta capacité à gérer ce type de passages.
Informations pratiques
Infos sur l’itinéraire
Durée : | 7 h 50 | Point haut : | 2’598 m |
Distance : | 13 km | Point bas : | 1’495 m |
Dénivelé + : | 1’680 m | Difficulté : | T5 |
Dénivelé – : | 1’680 m | Boucle : | oui |
Région : Champex-Lac
Carte : 1325 Sembrancher 1:25000 ou 282 Martigny 1:50000
Il s’agit d’une randonnée exigeante. Veille à bien respecter les conditions notées ci-dessus avant de te lancer dans cette rando.
- Le point de départ de la randonnée sur Google Maps (parking et arrêt de bus).
- Pour un accès en transport public (train et bus) : départ de la gare de Martigny, descendre à l’arrêt « Champex, télé ». Voir les horaires sur le site des CFF.
- Le parcours réalisé dans cet article, sur SuisseMobile
Où dormir, manger… ?
- Camping de Champex-Lac, au bord de l’itinéraire.
- De nombreux hôtels et restaurant à Champex-Lac
Encore (comme toujours) une bien belle rando ! Ton blog nous fait découvrir des paysages incroyables à chaque article. Merci Nicolas
Merci à toi pour ton commentaire, c’est un plaisir de partager…