L’idée de départ de cet article provient d’une question toute simple posée par ma marraine qui regardait mes vidéos YouTube : « est-ce que tu n’as pas peur de partir tout seul en montage, de marcher la nuit, de bivouaquer sur des sites inconnus… À ta place je serai morte de trouille ! ».
Bon, pour être clair, j’ai un petit secret à t’avouer : oui, ça m’arrive d’avoir peur !
Oser dépasser tes peurs ?
Maintenant, honnêtement, si, dans la vie, tu devais mener uniquement des actions dans lesquelles tu es à l’aise à 100 %, que te resterait-il ? Et si je pousse le bouchon encore plus loin, que te resterait-il d’ici un an ou deux ?
Je veux dire, plus tu veux rester dans des activités rassurantes, hors de toute peur, plus ton champs d’action se rétréci, jusqu’à devenir minuscule. Et plus tout ce qui se trouve à l’extérieur de ce minuscule cercle te paraît effrayant !
Un mélange de peur et d’excitation
Tiens, pour prendre un exemple au hasard, repenses à ta première expérience sexuelle. C’était bien un mélange de peur… et d’excitation, non ? Et ça aurait été franchement dommage de passer à côté de l’expérience juste par une trop grande focalisation sur ta peur, qu’en penses-tu ?
Et bien, c’est un peu pareil pour la randonnée ou le bivouac solo ! Un mélange de peur et d’excitation. Et tant que ce mélange co-existe, pour ma part j’estime que tout va bien.
Bon, si je reprends mes illustrations ci-dessus, es-tu d’accord de considérer qu’une certaine peur se fait sentir lorsque tu sors de tes habitudes ? lorsque tu franchis les barrières du connu ? lorsque tu t’éloignes de tes routines ? Eh oui, c’est pareil pour tout le monde !
La peur : amie ou ennemie ?
Cette peur, c’est un peu ton signal d’alarme. Elle a précisément ce rôle d’attirer ton attention sur quelque chose qui sort de l’ordinaire, que ce soit une nouvelle expérience, une nouvelle rencontre ou autre.
Et tu peux vraiment lui dire merci, car elle va t’aider à apprécier ce que tu fais de nouveau !
Je m’explique. Si tu as un peu peur, tu vas forcément être attentif, rester concentré sur tes actions, ton environnement… Cette attention va garantir une certaine sécurité.
Si ta peur devient trop grande, c’est peut-être le signe de stopper le voyage, d’éviter de pousser plus loin. Si elle reste raisonnable – ce doux mélange entre peur et excitation – elle va te permettre de vivre une expérience agréable, par l’excès d’attention que tu vas porter à ton activité. Tu me suis ?
La peur – mesurée – est donc ton amie. Une amie qui va favoriser une première expérience agréable et te donner envie de recommencer, de pousser plus loin, d’explorer…
Peux-tu maintenant voir de quelle manière utiliser la peur pour élargir ton champs des possibles plutôt que de le limiter ?
Ok, maintenant, il y a aussi la peur qui bloque et qui fige, qui rend toute action impossible car simplement elle te paralyse. C’est le genre de peur que tu veux éviter, car celle-là peut devenir traumatisante et te faire dire : « ah non, plus jamais ça !… ».
Il s’agit donc, pour toi, d’évaluer ce qui constitue une peur acceptable, convenable, saine, qui te permet de croître, d’élargir ta zone de confort. Cet équilibre entre crainte et envie. Et toi seul peut en déterminer le seuil pour toi-même.
Ok, maintenant que le cadre est fixé, c’est le moment de passer à l’action.
Ton premier bivouac solo : action !
L’idée ici est de préparer et fixer ton prochain pas, ta prochaine étape. Encore une fois, c’est quelque chose de complètement personnel.
Bon, comme le sujet de l’article porte sur le bivouac, je vais rester sur ce thème. Tu comprends cependant que la technique peut s’adapter à n’importe quelle autre situation.
Faire le point : quel est la situation aujourd’hui ?
Donc la première étape consiste à faire un point rapide sur l’état actuel. Où en es-tu par rapport au bivouac ? As-tu déjà pratiqué, peut-être avec des amis ? Es-tu complètement novice dans le domaine ?
Si tu es complètement novice et que tu décides, du jour au lendemain, de partir faire un bivouac en montagne, avec une marche d’approche de nuit, dans la neige et par une température de -10°C… ça peut franchement mal tourner ! Se lancer des défis, c’est bien, pouvoir le faire longtemps, c’est mieux ;-)
Procéder par étape : quelle prochaine action ?
Ma recommandation est donc de procéder par étapes. Si tu es novice, tu peux peut-être tenter un premier bivouac en été, dans ton jardin ?
Tiens, ça me rappelle que c’est exactement ce que j’ai fait avec mes enfants (7 et 9 ans) en début d’année. Je voulais tester un peu si je pouvais aller dormir dehors avec eux par temps frais.
Nous avons donc installé la tente dans le jardin, préparé tout le matériel et sommes sortis avec, dans la sac à dos, tout ce dont nous avions besoin pour la soirée et la nuit : matelas de sol, sac de couchage, habits chauds, lampes frontales… Comme pour une vraie rando avec bivouac.
Le soir, nous avons fait la popote sur le réchaud, mangé à l’entrée de la tente et nous sommes couchés. À chaque fois que je me réveillais, je jetais un oeil sur le thermomètre et vérifiais que tout soit ok pour mes enfants.
Eh bien tu sais quoi ? Au milieu de la nuit, nous avons rejoint la chaleur douillette de l’appartement. Le thermomètre mesurait 0°C et ma fille commençait à avoir froid. Mon fils, par contre, dormait comme un loir, pour lui tout était parfait.
L’exercice était donc parfaitement réussi. J’ai pu tester les limites sans prendre de risque. La même situation perdu dans la nature à 2500 m d’altitude devient tout de suite plus difficile à gérer. Outre l’aspect dangereux, ce genre d’expérience négative peut te faire perdre toute motivation de progresser dans ce domaine.
Tu vois l’idée de te fixer des étapes facilement réalisables ?
Adapter les étapes à ta situation
Dépasser une petite peur, puis une autre, jusqu’à ce que dormir en montagne en solo par -10°C soit devenu familier. C’est ce que je peux faire aujourd’hui, comme par exemple lors d’une randonnée au Toûno, car j’ai commencé par des petites étapes.
Donc, souviens-toi, lorsque tu vois une personne qui fait ce genre de chose, sur YouTube ou ailleurs, de bien remettre les choses dans leur contexte. Pour la personne qui le fait, c’est peut-être familier alors que toi tu débutes. Ce n’est qu’un exemple, tu vois l’idée.
Le meilleur conseil : l’expérience !
Il y a bien sûr toute une série de conseils ou de recommandations que je pourrais te faire pour réussir tes bivouacs – et je vais le faire dans d’autres articles et vidéos. Les conseils les plus précieux, ceux dont tu vas à coup sûr te souvenir, sont cependant ceux que tu acquiert par ta propre expérience.
Et le meilleur moyen d’y parvenir reste de passer à l’action par la technique des petits pas. À chaque pas ton expertise grandit, ton plaisir et ton assurance augmentent, ceci en toute sécurité.
Et c’est comme ça que, petit à petit, tu vas avoir de plus en plus de plaisir… à faire des choses qui te font peur ! Et le monde t’appartient !
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Bonjour , sympa ta page mais de quoi peut tu avoir peur ? , moi j’aurais peur de me prendre un coup de couteau place Bellecour a lyon , mais une fois en foret de sapin je suis dans ma chambre ( BUGEY –France)
Tout à fait d’accord avec toi. Les peurs ne sont cependant pas toujours rationnelles et beaucoup de gens ont peur de se lancer en bivouac. Peut-être par peur de l’inconnu. Après quelques bonnes expériences, ça va généralement mieux 😉