Pour cette randonnée, l’arrivée sur le lieu de départ est déjà une aventure en soi. En effet, nous partirons aujourd’hui de Derborence, un endroit particulier en soi. Avec une route d’accès que tu dois emprunter au moins une fois dans ta vie !
Je te laisse imaginer : une suite de tunnels, aspect brut de roche. Un peu comme des trous d’épingles taillés dans le flanc de ce coteau abrupt.
Une fois arrivé en terre quasi hospitalière, s’offrent à toi de magnifiques clairières, parsemées d’arbres, égayées par de fins ruisseaux limpides.
Tour des Muverans au départ de Derborence
Ici, à Derborence, ce sont deux éboulements, survenus en 1714, puis en 1749, qui ont principalement façonné cette vallée des merveilles de la nature. Tout un pan de la montagne des Diablerets qui a dévalé sur près de 5 kilomètres de long et qui représenterait un volume de 50 millions de mètres cubes. Difficile de se le représenter, je suis d’accord !

Tu peux parvenir au départ de cette rando en voiture. Sur place, tu devrais trouver suffisamment d’espace pour te garer. J’utilise le conditionnel, car, en été, les jours de beau temps, il y a foule autour du lac de Derborence au paysage si particulier. Ce lac même qui a été formé par le second éboulement, faisant de lui le plus jeune lac naturel d’Europe.
Le départ de cette randonnée est également accessible par les transports publics. Il est desservi par un car postal au départ de Sion. Comme d’habitude, tu trouveras toutes les informations d’accès en fin d’article.
Aujourd’hui, à mon arrivée, plusieurs personnes s’affairent autour de « big bags ». Ils remplissent de gros sacs, des filets qui seront transportés par hélicoptère jusqu’à une cabane toute proche.
Eh oui, c’est le début de saison, la période d’approvisionnement des gîtes d’étapes. Ils seront bientôt fin prêts pour t’accueillir. En attendant, place à la logistique !
Si une – petite – partie du matériel est transporté à pied, la grande majorité est héliportée.
Le temps d’enfiler mes chaussures, de transférer quelques affaires dans le sac à dos et nous voilà à nouveau sur les sentiers. Enfin, comme nous partons pour plusieurs jours, mieux vaut tout de même réfléchir à ce que nous emportons. Une fois en route, il sera trop tard…
Derborence : vallée des
merveilles de la Nature
Première étape : la fontaine qui se trouve à côté du lac de Derborence (1451 m). Remplissage de la gourde oblige. Voilà, ça c’est fait, déjà une étape de franchie.
Derborence : le refuge du Lac
Bon, étape suivante, gardons les choses faciles : l’auberge du Lac de Derborence. Elle se trouve à quelques mètres à peine. En moins de 5 minutes, déjà deux étapes de réglées. J’aime quand un trek commence aussi bien ;-)

Bon, maintenant nous pouvons passer aux choses sérieuses. Avant de prendre de la hauteur, juste une petite parenthèse pour te signaler que l’auberge du lac de Derborence est une des nombreuses étapes présentes sur le Tour des Muverans. Une parmi tant d’autres dont je te mettrai la liste en fin d’article. Si tu choisis un autre point de départ que Derborence, cette auberge peut représenter une étape de choix. Je t’en reparlerai à la fin de la rando, pour l’instant j’ai trop envie de gambader !
Sentier vers l’alpage de Dorbon
Alors, quelle est la prochaine étape maintenant ? Et bien… le gîte de l’alpage de Dorbon (1956 m) !
La traversée des derniers chalets de Derborence présente un beau panorama de fin de journée : une magnifique vue sur le lac, avec ambiance de petit chalet en bois et pierre. Une facette vue d’en haut sur ce coin de paradis. Un endroit idéal pour passer une journée pique-nique, par exemple, en famille ou avec des amis. L’endroit idéal à fréquenter par les fortes chaleurs d’été, lorsque tu cherches un peu de fraicheur.
Ce paysage a véritablement la faculté de te ressourcer pour une semaine entière !
Au fur et à mesure que le sentier s’élève, nous perdons peu à peu la vue sur le lac. Comme pour mieux pénétrer dans un paysage plus rugueux, plus montagnard. Là-haut, tout semble blanc. Bien plus que je l’imaginais suite à ma randonnée de ce matin du côté de la fenêtre d’Arpette.
Bon, heureusement, nous sommes bien équipés. Nous pouvons nous y aventurer en toute confiance !
Pour monter jusqu’à Dorbon, nous passons à travers une succession de prairies et de paysages plus forestiers. En cette fin de mois de mai, peux-tu sentir à quel point la nature se réveille ? Peux-tu sentir de quelle manière elle s’extirpe de son long sommeil hivernal ?

Ici tout est calme, tranquille, paisible. Le bonheur est partout autour de nous. Comme nous sommes partis en soirée, nous sommes seuls à en profiter.
Juste en dessous du gîte de Dorbon, j’aperçois cependant quelqu’un sur la terrasse. Penses-tu que l’hébergement soit déjà accessible au public ? Nous allons découvrir la réponse d’ici quelques mètres.
Un thé au gîte de Dorbon
Effectivement, nous sommes accueillis par Carine, la gardienne de ce petit coin de paradis. Avec elle se trouve Anaé, 2 ans, apprentie gardienne ainsi qu’une amie venue en renfort pour préparer l’ouverture. Enfin, ce n’est pas pour tout de suite. À l’heure actuelle la cabane est encore fermée. L’ouverture est prévue pour le 10 juin.
En attendant, il y a passablement d’aménagements à faire. Notamment, demain, ce sera la livraison du matériel par hélicoptère. La fameuse agitation autour des « big bags » que nous avions pu observer à Derborence, tu t’en souviens ?
Carine, avec son mari Florian et sa fille Anaé, viennent tout juste de reprendre le témoin comme gardiens de cet endroit d’exception. Carine m’invite à prendre un thé à l’intérieur. J’accepte avec plaisir. C’est qu’il commence maintenant à faire frisquet à cette altitude. Et comme je n’ai pas emporté mon réchaud…
Installés à l’intérieur, nous échangeons quelques mots avec, en bruit de fond, l’eau qui arrive à ébullition. Un bon moment de partage et de convivialité dans ce lieu en cours d’aménagement.

D’ici quelques jours, tu pourras t’arrêter ici pour faire une pause, te restaurer, y dormir. Le gîte peut, en effet, accueillir jusqu’à 20 personnes en dortoir.
Également, sans pour autant faire le Tour des Muverans, si tu cherches un endroit sympathique, dépaysant pour passer un excellent week-end en famille, c’est « the place to be » ! Anaé sera ravie de présenter ses ânes, chèvres, poules et… marmottes à tes enfants.
Avec un peu de chance, tu auras même la chance d’admirer le maître incontesté qui survole régulièrement cet éden : le gypaète barbu, le plus grand oiseau des Alpes !
Première nuit sur le Tour des Muverans
Bon, pour en revenir à nos exploits, après cette pause bienvenue et ces échanges bien sympathiques, c’est le moment de nous remettre en route. C’est qu’il nous reste encore un peu de chemin à faire… avant la nuit.
Un peu au-dessus de la cabane, la neige revendique encore pleinement sa présence : elle recouvre tout. En cette heure tardive, une mince couche supérieure est ramollie. La progression est donc facile, sans risque de glisser ni de trop m’enfoncer. Idéal je te dis !
Arrivé à l’étage suivant, nous voici face à un grand plateau immaculé. Heureusement, quelques crêtes avoisinantes sont exemptes de neige. C’est là que nous allons pouvoir installer notre bivouac pour cette nuit. Le lieu te semble agréable ?
Reste encore un petit défi avant de sombrer dans les bras de Morphée : trouver un endroit plat. Durant notre recherche, oh surprise, le terrain est déjà partiellement occupé !
Eh oui, comme je te le dis, une tente est dressée là, à quelques mètres, comme perdue au milieu de nulle part. Deux paires de bâtons de randonnée, posés à l’extérieur, nous renseignent sur le nombre d’occupants. La tente est close et je ne croiserai pas leurs occupants.

Bon, heureusement, il y suffisamment d’espace ici. Je vais aller m’installer un peu plus loin (2134 m).
Au petit matin… dans la neige !
Après une excellente première nuit de sommeil, mon réveil est matinal. Le temps de remballer mes affaires nocturnes et me voilà en chemin.
Sur le long plateau, je constate, ce matin, que la neige est dure comme de la pierre. Ici, à plat, c’est parfait, ça va faciliter la progression. Et plus haut dans la pente ? Bah, nous verrons bien le moment venu…
Le soleil est encore couché. J’apprécie pleinement cette ambiance de tout début de journée. Je perçois tout juste le torrent qui coule en dessous de la neige. À certains endroits je le vois transparaître. Bon, restons prudents, histoire d’éviter de nous tremper les pieds en marchant sur un pont de neige qui céderait sous notre poids !
Après quelques centaines de mètres de progression, dans la pente, je me retrouve face à une question : continuer avec ou sans crampons ? Qu’en penses-tu ?
Montée entre herbe et neige Le col de la Forcle en arrière-plan Lac de la Forcle
Je pourrais certainement continuer à progresser sans crampons. Il me faudrait cependant adapter mon itinéraire. Pas question de m’aventurer dans des zones avec risque de glissage.
Avec les crampons, je pourrais choisir mon itinéraire beaucoup plus librement. Autrement dit, je pourrais plus facilement passer n’importe où… enfin, adopter l’itinéraire qui me semble le plus favorable, avec un dénivelé constant. Un bon moyen d’économiser nos forces, qu’en penses-tu ?
Eh oui, comme la neige est très dure, équipé de mes seules chaussures, j’ai beaucoup de peine à tailler des marches lorsque c’est nécessaire. Je décide donc de m’équiper avec les crampons. Comme la neige me porte totalement, que je n’enfonce pas du tout, la marche avec crampons est idéale. Ma progression devient ainsi rapide avec, en prime, une plus grande souplesse quant au choix du parcours à suivre.
Lac et col de la Forcle
Les pentes et les plateaux se succèdent. Jusqu’à atteindre le lac de la Forcle (2450 m). À quelques mètres, le Pas de Chamosentse (2454 m), passage qui te permet de rejoindre Ovronnaz ou les Mayens de Chamoson.
Enfoui sous une épaisse couche de neige, le lac de la Forcle est à peine visible. Tout juste quelques reflets bleutés ci et là, qui me permettent d’estimer son envergure.
Juste en dessous de ce lac, j’ai eu l’occasion de bivouaquer l’été passé. Une merveilleuse nuit sous tente, sur un terrain sablonneux et tendre. Du pur bonheur. Le paysage était bien différent !

C’est ce que j’aime en montagne : tu peux parcourir dix fois les mêmes lieux avec l’impression d’un paysage différent à chaque nouveau tour de piste. Parfois de grands changements, parfois juste quelques détails. À chaque fois une nouvelle aventure, des sensations différentes, des émotions variées. J’adore !
Chausser mes crampons était une excellente décision : ils m’évitent une grande dépense d’énergie. Sur cette neige dure, ainsi chaussé, chaque pas m’apparaît comme sûr. Je me sens en sécurité. Je peux avancer à un bon rythme. Sans eux, chaque pas présente le risque d’une petite glissade. Un léger dérapage à compenser. Très gourmand en terme d’énergie sur le long terme. Ouais, mettre les crampons était une excellente décision !
Oui, c’est vrai, il y a bien quelques traces que j’aurais pu suivre, notamment sur la dernière montée avant le col. Je préfère cependant laisser mes propres traces ;-)
Quelques instants plus tard, nous voilà trônant sur le col de la Forcle (2543 m). Je suis ravi d’atteindre ce premier point culminant du parcours. Tout un symbole.
À l’heure actuelle, le soleil est déjà haut sur l’horizon. Un peu plus bas, en pleine montée, j’ai profité de cette magnifique lumière orangée de début de journée. Un souvenir de plus à ma collection !
Cabane Rambert en vue !
Depuis le col de la Forcle, le regard tourné vers le sud-ouest, tu peux apercevoir la cabane Rambert (2584 m) posée sur son éperon rocheux. Eh oui, ce sera notre prochaine étape. Pour y parvenir, nous passerons tout d’abord par un point bas (2399 m).
Après cette longue montée, depuis le lieu de bivouac jusqu’au col, je m’élance donc dans la descente. Ici, les crampons deviennent vraiment nécessaires. Si j’adore faire des glissades sur les névés, comme tu as peut-être pu le constater dans des randos précédentes, ici pas question de rigoler. La pente est raide, la neige dure.
J’ose même pas imaginer ce qu’une chute entraînerait… Savoir à quel moment t’amuser et à quel moment prendre les choses au sérieux s’avère une nécessité si tu veux pouvoir devenir un vieux randonneur ;-)
En dessous du col de la Forcle, je poursuis à flanc de coteaux dès que le terrain me le permet. Ici, à cette saison, tu vas entrer en terrain mixte : des passages enneigés ponctués de passage dans les pierriers.
Dans ce type de terrain, tu peux garder tes crampons aux pieds tout du long. Ils sont faits pour ça. En tout cas si tu as des crampons en acier. Avec une paire légère, en alu, j’hésiterai…
Tout est donc parfaitement ok, nous pouvons continuer notre progression.
Dans certains couloirs les blocs de neige dépassent ma taille
Juste au-dessus se trouve une paroi rocheuse, lisse et en pente, sur laquelle la neige a glissé. C’est ce qui a donné naissance à ce phénomène. Avec le réchauffement du soleil, la neige a glissé le long des rochers, la découpant en gros blocs de neige et de glace. Certains font ma taille ! Mieux vaut donc éviter ce passage aux heures chaudes de l’après-midi !

D’ailleurs, de manière générale, je te recommande de toujours bien observer les lieux avant de t’y engager. Un bon coup d’œil suivi d’une évaluation des risques te permet souvent d’éviter les situations périlleuses.
Ici, le paysage est toujours aussi enneigé, je ne suis pas prêt de déchausser mes crampons !
Après cette centaine de mètres en descente, nous voici à nouveau en forme pour une bonne montée. Objectif : la cabane Rambert.
Monter, descendre, monter, descente, c’est le propre de ces randonnées sur plusieurs jours. Au final, ça va nous faire beaucoup de dénivelés !
Un peu en dessous du col qui mène à la cabane du club alpin, j’aperçois quelques personnes qui s’y trouvent déjà. Ah, des humains ! Dans ce paysage désertique, j’avais presque oublié leur existence !
Au col il y a foule : des parapentistes qui hésitent sur la manière de redescendre, des freeriders qui arrivent en colonne, munis de leurs skis. Pour ces derniers, le moyen de descente est tout à fait clair. Bon, je t’avoue que ça me fait plaisir d’échanger quelques mots.
Séjourner à la cabane Rambert ?
Atteindre la cabane Rambert (2584 m) va te demander de quitter légèrement le parcours. Depuis le col, tu peux effectivement redescendre immédiatement, direction Ovronnaz, sans passer par la cabane. Celle-ci représente cependant une nouvelle étape de repos sur ce parcours.

Seul devant la cabane au début, je suis rapidement rejoint par l’équipe des parapentistes. Petit à petit, il commence à y avoir foule ! Un hélicoptère, en plusieurs rotations, vient déposer les gardiens de la cabane, leurs aides et équipes ainsi que tout le matériel. Un véritable ballet aérien.
D’ici quelques jours, Rambert sera donc prêt à t’accueillir, si tu décides d’y faire étape. Et franchement… le lieu vaut le – court – détour.
Le panorama est impressionnant, que tu sois devant, sur la terrasse ou à l’intérieur, derrière les grandes baies vitrées. Une étape de choix pour séjourner.
Descente direction Ovronnaz
Bon, de notre côté, nous revoilà partis vers nos prochaines étapes : Bougnonne (1863 m) au-dessus de la station d’Ovronnaz, puis remontée sur Petit Pré (1998 m).
Avant d’y parvenir une belle descente de plus de 700 m de dénivelée nous attend. Un peu en dessous de la cabane, une surprise : un slalom ! Oui oui, je t’assure, des piquets rouges et bleus, plantés dans la neige, par je ne sais qui, qui permet aux skieurs de slalomer entre ces portes inattendues. Peut-être le terrain d’entraînement d’une équipe de ski ? Hop Suisse !

Non non, merci, pour ma part je vais éviter le slalom. Quoi qu’une petite glissade… Ici les langues de neige encore présentes sont moins raides, alors j’en profite !
Un peu plus bas, à la hauteur de Plan Coupel, je retrouve un terrain plus sec. Je peux également y observer d’autres randonneurs sur la montée.
Et toi, que répondrais-tu à ces randonneurs qui te demandent : « c’est encore loin jusqu’à la cabane ? » Toi, qui sais qu’ils devront, pour y parvenir, encore effectuer un bon tiers du chemin, qu’il y a des névés de neige dure à traverser, et qu’ils paraissent déjà relativement fatigués. Alors, qu’est-ce que tu leur dis dans ces cas-là ? :-D
Bon, pour ma part, je suis content de retrouver des sentiers après ces heures de marche dans la neige. Un peu de verdure me fait du bien !

En dessous du Pessot, je te recommande de jeter un petit coup d’œil à la carte. Juste pour t’assurer de prendre le bon sentier. Ce serait dommage de te retrouver à Ovronnaz – nous n’y passerons pas – et devoir tout remonter.
Tu devras en effet emprunter ici un sentier qui chemine, à flanc de coteaux, jusqu’à Jorasse (1929 m), la gare amont du télésiège depuis d’Ovronnaz. Le sentier est bien marqué, ce serait vraiment dommage de louper.
Là, sur une partie du parcours, je chemine même au milieu de quelques arbres. Tiens, ça faisait longtemps.
Un vrai bol d’oxygène après les terres désertes et monochromes que nous venons de traverser ensemble.
Jorasse : un lieu de pause idéal
À quelques centaines de mètres de Jorasse, je tombe sur une perle : un terrain de repos aménagé ! Waouh, là je suis vraiment impressionné. C’est le « relax park » des mélèzes. Et il porte bien son nom. Tu y trouveras des hamacs, des bancs tout de bois, à l’abri des mélèzes. Le tout forme une zone parfaitement aménagée et intégrée au paysage. Un vrai délice de faire une pause à cet endroit ! J’en profite bien !

Au moment de repartir, je me retrouve à partager un bout de chemin avec deux amis qui randonnent ensemble. Ils sont équipés pour marcher sur plusieurs jours. Comme tu l’as constaté jusqu’ici, en ce début de saison, la plupart des cabanes et gîtes sont encore fermés. Un moyen de te déplacer sur plusieurs jours est donc l’autonomie, bien que la plupart des cabanes mettent à disposition un local d’hiver. Jusqu’à la cabane Fenestral, je vais les croiser à plusieurs reprises, de manière éphémère.
Petit Pré et montée sur Fenestral
Bon, nous voici donc arrivés à Petit Pré. Ici, un peu en dessous des écuries de l’alpage, tu peux retrouver le gîte de Lui d’Août. Un endroit de plus où tu peux dormir, te restaurer… passer un bon moment.
Après Petit Pré (1998 m), nous arrivons aux Grands Prés (2100 m), sur le plateau d’Euloi. Une zone qui, selon mes souvenirs, est plutôt marécageuse. Là, à moitié recouvert de neige, je ne vois pas bien la différence.
Les choses sérieuses recommencent maintenant, avec la montée jusqu’au col de Fenestral (2454 m). Juste derrière le col, la cabane du même nom.

Et là, dans le dernier bout raide juste avant de déboucher sur le col, je t’avoue que je me sens épuisé. Ah, comme j’aimerais être à la place de cette jeune femme qui, elle, est à la descente. Elle se laisse glisser, depuis le sommet du col, sur les fesses. En passant tout près de moi, elle s’excuse d’avoir détruit les marches de montée dans la neige.
Je ne vais certainement pas lui tenir rigueur de s’amuser ! Et puis, des traces de montée, il y en a d’autres. Bon, c’est vrai, quand tu es fatigué, que tu te retrouves face à une pente raide, dans la neige et qu’il y a des traces… c’est providentiel, oui, tout à fait ça !
Bon, je vais t’épargner ici mes gémissements pour arriver jusqu’à ce fameux col. Une seule chose me permet de tenir le coup : penser à la grenade – le fruit, hein – que j’ai emportée dans mon sac à dos. Je m’imagine déjà en train de la déguster, assis à la terrasse de la cabane Fenestral.

Parfois, il en faut bien peu pour booster ta motivation. Si, si, essaye, je t’assure que c’est une excellente ruse. Une astuce qui fonctionne d’ailleurs très bien avec les enfants. La marche comme seul objectif, c’est généralement pas leur truc : il leur faut une autre motivation, quelque chose de sympa à atteindre. Eh bien, ce qui marche pour les enfants fonctionne aussi pour les adultes. Teste, tu verras !
Le meilleur moment !
Après avoir dégusté ma grenade – la meilleure que j’ai mangée de toute ma vie – devant la cabane Fenestral, me voici à nouveau frais comme un gardon pour poursuivre cette aventure.
J’entame donc la descente par le Creux de la Margottes, jusque sur les rives du lac Supérieur de Fully. Encore une belle descente sur ce dévers enneigé. Ici, la pente est suffisante pour faire de belles glissades et à la fois suffisamment modérée pour demeurer en sécurité.
Absorber la sérénité…
Enfin… ici encore c’est avant tout une question d’appréciation : les deux amis randonneurs qui me suivaient n’ont pas tenté le coup. Oui, c’est vrai, je dois t’avouer qu’avec le poids du sac, j’ai été quelques fois déstabilisé sur la descente et me suis retrouvé sur les fesses. Avec la petite couche de neige molle en surface, c’était tout à fait ok. Ton appréciation doit simplement te permettre d’évaluer s’il y a danger ou non avant de te lancer. Si tous les voyants sont au vert… go !
Entre le lac Supérieur et le lac Inférieur de Fully, se trouve la cabane de Sorniot. Je t’en parle, car il s’agit d’une étape possible, même si elle t’éloigne quelque peu de l’itinéraire autour des Muverans. Mais qu’est-ce que quelques centaines de mètres sur une course de plus de 50 km ?

Cette cabane figure également comme destination d’un joli but de randonnée depuis Lérié, au-dessus des villages de Chiboz. Le sentier entre Lérié et Sorniot est impressionnant, surplombant la plaine. Au printemps, la flore y est magnifique. Tiens, ça me donne vraiment envie d’y faire un saut avec mes enfants. Attention tout de même, car le sentier est assez vertigineux.
En chemin vers Demècre
Après la descente depuis le col de Fenestral (2454 m), jusqu’au lac Supérieur de Fully (2130 m), nous voici à nouveau en montée, vers le col du Demècre (2359 m) et la cabane du même nom. Rien de spécial à signaler, ça devient la routine ;-)
Mon corps commence à s’habituer à l’effort. J’adopte mon rythme d’endurance pour monter, tranquillement, et attendre cette nouvelle étape.
La cabane du Demècre se trouve dans une sorte de cuvette. Elle est encore entourée de neige en cette saison. Un accès a été creusé pour atteindre la porte d’entrée.

Si j’ai croisé deux randonneurs avec leurs chiens au col, je ne vois, a priori, personne dans la cabane. Bon, en même temps, je ne suis pas allé vérifier en détail.
Non, je préfère poursuivre ma route encore un peu, avant de trouver un coin sympathique pour y passer la nuit. Me voici donc à nouveau à la descente, dans le Creux de Zéman.
Et une nouvelle fois à traverser un névé. Ils sont encore nombreux en cette saison. Observation… évaluation de la situation… c’est tout bon, je me lance !
La neige est dure, j’arrive tout juste à tailler de petits points d’appui en frappant du bout du pied.

Du point de vue du risque, si je glisse, le risque est minime, juste une belle glissade sur les fesses d’une centaine de mètres, ensuite la pente s’atténue et je vais ralentir naturellement. Bon, tout de même de quoi bien se râper le corps sur cette neige rugueuse. Mieux vaut me protéger un minimum, juste au cas où…
Sous les Dents de Morcles
Ok, la traversée s’est bien passée. L’étape suivante se trouve toute proche d’un réservoir d’eau. C’est ce que tu peux voir sur la carte. Le point 2057 m. C’est l’embranchement qui va te permettre de rejoindre Rionda (2157 m), en empruntant, à flanc de coteaux, la longue traversée sous les Dents de Morcle. Un magnifique tracé dans un paysage minéral fendu de ruisseaux.
Ici, le bonheur est omniprésent
Quelques belles prairies, également, sur des sortes d’éperons rocheux qui surplombent la plaine du Rhône, en contrebas.
Nuitée avec vue
C’est sur l’un deux que j’établis mon camp pour la nuit. Après cette longue journée de marche intense, je suis ravi de trouver enfin un peu de repos. Ce soir, je me couche avec le soleil. Par l’ouverture de la tente, une magnifique vue sur les Dents-de-Midi, en face. Et là-bas, au loin, le massif du Mont-Blanc. Je m’endors rapidement, des images inoubliables plein les yeux.
Le lendemain, je tarde un peu à me mettre en route. Cette nuit de sommeil m’a fait grand bien. Je retrouve le soleil sur les sommets avoisinants. Le ciel est relativement dégagé, avec quelques nuages qui collent aux cimes. Une fabuleuse journée qui s’annonce.
La tente est humide. De la condensation qui se transforme en neige lorsque je l’essuie. Tu vois, les nuits restent fraîches en cette saison, à cette altitude.
C’est parti pour les premières foulées de la journée. Je me réjouis de sortir de cette traversée sous les Dents de Morcles. Bien que le parcours me plaise énormément, je me réjouis de passer à l’étape suivante. As-tu déjà une idée de la forme qu’il va prendre ?
Contourner un névé Chemin de traverse avec panorama Vue sur le Mont-Blanc depuis le lieu de bivouac
Et bien, à l’arrivée à Rionda, une magnifique vue sur la plaine s’offre à nous. Au milieu, le Rhône qui sillonne jusqu’à se jeter dans le lac Léman, en fond de décor. Une belle carte postale !
Martinets ou Perris Blancs ?
Ici, à Rionda (2156 m), se trouve également la bifurcation qui t’emmène au col des Martinets (2611 m). Selon tes préférences, tu peux passer par cet endroit ou alors suivre l’itinéraire que j’ai retenu. Si tu hésites, la variante par le col des Martinets est préférable, car, comme noue le verrons plus loin, nous arriverons sur un sentier « non balisé » et « non entretenu ».
Pour ma part, la suite consiste à passer par la cabane de la Tourche (2198 m), que je perçois au loin. On dirait vraiment un nid d’Aigle, toute perchée qu’elle est sur son flanc de coteaux.
Dame Nature en spectacle
Bon, pour parvenir à cette étape, il me reste un peu de chemin à parcourir. Peu après ce point clé de Rionda, j’entends un bruit qui attire mon attention. En levant les yeux, j’aperçois deux magnifiques bouquetins en plein combat. Le bruit provient de leurs cornes qui s’entrechoquent. Ils s’arrêtent un instant, me toisent, avant de reprendre leurs joutes.
Regarde, nous avons tout le temps d’admirer ce beau spectacle, top !
Chaque fois que je suis passé dans cette zone, j’ai eu la chance d’observer des bouquetins. Comme ils s’avèrent moins farouches que les chamois, tu peux les observer longuement. Parfois en plein affrontement, à d’autres occasions pour une course folle sur les rochers ou simplement à brouter paisiblement. Si tu veux voir des quadrupèdes, tu sais maintenant où venir !
Après avoir pleinement profité de cette attraction offerte, je me sens plein d’énergie pour continuer jusqu’à la cabane de la Tourche. Je suis à chaque fois émerveillé de constater à quel point cette connexion avec la nature me donne des ailes. As-tu pu le constater également ?
La route entre Rionda et la Tourche est relativement large accessible en véhicule. Quelques passages dans la neige leur en empêche cependant encore l’accès.
À présent côte à côte avec la cabane de la Tourche, je peux apprécier pleinement le panorama exceptionnel qu’elle offre. Une vue à 180°, depuis la plaine du Rhône, en contrebas, jusque sur les plus hauts sommets avoisinants.

Ici encore, un endroit magique où t’arrêter, faire une pause, reprendre des forces. Sur cette boucle autour des Muverans, tu as décidément l’embarras du choix ! J’ai l’impression que tous les points de stop sont plus magnifiques les uns que les autres !
Bon, trêve de rêverie. Il est temps de me profiler vers le prochain but, la prochaine destination intermédiaire. Après cette mise en jambe, quasi à plat, nous voilà à nouveau prêts pour une nouvelle ascension, direction le col des Pérris Blancs (2544 m).
Panorama du Chablais
Tout d’abord, il y a le passage sur cette arrête herbeuse et large qui t’offre un panorama bidirectionnel.
Au sud-est, en face, la Pointe des Martinets, sommet déjà exposé au soleil, entouré d’une écharpe nuageuse.
Au nord-ouest, dans ton dos, une vue plongeante sur le Chablais avec, en point d’horizon, le lac Léman. Le Rhône fait ici office de frontière entre les cantons du Valais et Vaud.
Au nord-ouest : vue sur la cabane de la Tourche, le Chablais, le lac Léman… Au sud-est, la Point des Martinets
De la Jouissance pure, quelque soit la direction de ton regard !
Ce même regard se dirige maintenant vers la suite du parcours : à nouveau quelques longues langues de neige à traverser. Et là, fini de rire : la neige est dure comme du roc, la pente abrupte, l’étendue blanche semble interminable. La question des crampons ne se pose même pas ! Ici toute chute pourrait avoir de graves conséquences.
Assurer les pas…
Ok, on y va, doucement… lentement… en assurant bien chacun de nos gestes… sur les pointes avant des crampons, en nous stabilisant à chaque pas à l’aide du piolet. Ainsi équipés, nous nous en sortons très bien. Sans l’aide de ce matériel, jamais je ne t’aurais fait traverser cet endroit. Par ce seul passage, le poids des crampons dans le sac à dos aura été largement justifié !
Nous franchissons ainsi ensemble quelques nouveaux névés sur le chemin de la montée. Les suivants demeurent cependant plus accessibles : nous pouvons les franchir en marchant sur le côté.

Je débouche ensuite devant un endroit familier : une sorte de dortoir abandonné, aménagé dans la roche. Si je le connais, c’est qu’une anecdote s’y rattache. Bon, je te la raconterai à une autre occasion, je ne vais pas m’étendre ici. Eh oui, j’ai trop hâte d’arriver au col des Perris Blancs. Je considère en effet ce point à 2544 m, comme la dernière grande étape d’altitude de ce Tour des Muverans.
Courage, encore quelques pas et nous y sommes !
Descente sans entretien
Ici, depuis le col, le chemin que nous allons emprunter pour la descente est noté comme étant « non balisé » et « non entretenu ». Je te recommande donc de passer par le col des Martinets, évoqué tout à l’heure, et de rejoindre notre itinéraire en descendant la Grande Vallée.
Une autre variante consiste à passer, depuis la cabane de la Tourche, par Javerne. Je te laisse tracer cet itinéraire sur la carte si tu souhaites l’emprunter.
Bon, pour ma part, j’ai déjà emprunté ce chemin non entretenu à une autre occasion, par temps pluvieux. Je sais donc qu’il est praticable et que nous devrions très bien nous en sortir.
Alors c’est vrai qu’il est classé comme « randonnée alpine », soit avec le marquage « blanc-bleu-blanc ». Donc, à parcourir avec prudence : certains tronçons en terre sont particulièrement glissants.

La descente se déroule sans encombre. Je profite même de quelques longues surfaces neigeuses pour gagner plus rapidement la prochaine étape : Pont de Nant (1252 m).
Lorsque tu glisses sur les pentes neigeuses, je te recommande tout de même de garder un œil sur la carte. Ça t’évitera de te retrouver bloqué au-dessus d’une falaise ou de voir remonter parce que tu as manqué une bifurcation.
Question de bon sens tu vas me dire ! Je tiens toutefois à la préciser, car, distrait par le plaisir de la glisse, il m’est arrivé de l’oublier !
Distrait par le plaisir de la glisse, il m’est arrivé de l’oublier !
Vallon de Nant : le bonheur des familles !
Un peu plus bas, je rencontre les premiers promeneurs. Tout d’abord de petits groupes qui se transforment très vite en un flot de marcheurs presque discontinu.

Oui, ok, c’est vrai, j’exagère un peu. Cependant, je peux t’assurer qu’il y a du monde sur ce bout d’itinéraire du Vallon de Nant. Tu as raison, c’est peut-être parce que nous sommes dimanche, que le temps et le paysage sont magnifiques. C’est sûr que ce sont des facteurs favorables !
Bon, avec toute la vitalité puisée dans les hauteurs en solitaire, je suis bien équipé pour survivre à ce bain de foule :-D
Tu penses peut-être que j’exagère ?
C’est que tu n’as pas encore vu la kyrielle de voitures stationnées devant l’auberge de Pont de Nant !

Ah, encore une chose : juste avant d’y arriver, jette un coup d’œil au Jardin botanique alpin La Thomasia qui s’y trouve. Un Jardin créé en 1906, qui compte plus de 4’000 plantes occupant 58 rocailles.
Un endroit magnifiquement aménagé pour découvrir avec bonheur les beautés de la flore régionale. Si tu souhaites une visite guidée, tu peux même réserver. J’ajoute les infos en fin d’article.
Ici, je m’accorde quelques instants de répit juste en face de la terrasse de l’auberge. Il y a là un joli bassin en bois qui me permet de refaire le plein. Quelle joie de bénéficier d’une eau bien fraîche, ce véritable trésor de la nature !
J’hésite, l’espace d’un instant, à m’arrêter à l’auberge de Pont de Nant pour manger quelque chose. Cependant le mythe d’une bonne soupe, savourée sur une terrasse ensoleillée, dans le calme et la solitude vient de s’effondrer :-D
Bon, ça restera ma motivation pour atteindre l’auberge du lac de Derborence ! Peut-être que, là-bas, j’y serai plus au calme.
Le dessert du Tour des Muverans
Je décide donc de passer mon chemin, direction Le Richard (1536 m), puis La Varre (1758 m) et enfin le col des Essets (2029 m). Cette montée, je la considère un peu comme le dessert de cette aventure. Une montée tout en douceur après tout les dénivelés ingurgités jusqu’ici.

Sur la montée, j’en profite pour faire une pause alimentaire. J’en aurais fait relativement peu sur l’ensemble du parcours. Une sorte de test que je mène en étant parti léger du point de vue de la nourriture emportée.
Oui, c’est vrai, il y a la grenade que j’ai savourée à la cabane Fenestral. Et un autre aliment dont je te reparle bientôt. Je ne t’en dis pas plus pour l’instant. Juste que je n’aurais jamais pensé amener ce type de nourriture avec moi en rando. Et pourtant, quand j’y pense, c’est un top aliment, très bien adapté au trek sur plusieurs jours. Je t’en reparle bientôt…
Arrivé au lieu-dit Le Richard (1536 m), j’emprunte le sentier qui monte en direction de la cabane de Plan Névé, avant de bifurquer, direction La Varre.
Encore un endroit absolument magique, sur ces coteaux verdoyants égayés par le charme des torrents !
Halte à La Varre
Ici, à La Varre (1758 m), tu trouveras une buvette rustique qui propose également des dortoirs. Un nouvel endroit privilégié, dominé par l’arrête de l’Argentine, pour quelques instants de repos.
Une halte qui te donnera l’occasion de te sustenter dans un paysage de rêve. Avec un peu de chance, tu apercevras même des chamois depuis la buvette. C’est qu’il y en a pléthore dans cette région. Il est quasi impossible de la traverser sans en apercevoir. Bien sûr, à condition de décoller un peu les yeux de tes chaussures !
Entre Le Richard et La Varre Arrivée à La Varre Pause rafraichissante à La Varre
Depuis La Varre, s’étend devant toi un magnifique plateau herbeux et quasi plat sur plusieurs kilomètres. Ici encore et depuis Pont de Nant, les sentiers sont très fréquentés, entre les familles qui font l’aller-retour, les randonneurs sur le Tour d’Argentine ou encore le Tour des Muverans. Oui, c’est vrai, Il y a amplement de la place pour tous ! Et j’avoue que j’apprécie grandement d’échanger quelques mots de temps en temps. Ces instants de solitude et de densité humaine participent au plaisir de la diversité du parcours.
L’endroit est très accessible, les sentiers faciles. C’est vrai qu’à La Varre, j’ai eu l’occasion de croiser quelques enfants. Un endroit privilégié pour un dimanche de détente !
Du col des Essets à Anzeindaz
Même s’il s’agit d’une étape « dessert », je me réjouis tout de même d’arriver au col des Essets (2029 m). Je le considère comme le dernier de ce parcours. Reste maintenant la descente jusqu’à Anzeindaz (1876 m), puis, dans une légère montée, à atteindre le Pas de Cheville (2037 m). Que du tranquille, je te dis ! Le plus dur est maintenant derrière nous !

Je profite ainsi de ce dernier point haut pour faire une pause, un peu plus longue que d’habitude… avant de reprendre la descente, en grande partie sur la neige. Nous sommes maintenant rodés au jeu des glissades, qu’en penses-tu ?
La vision du terrain qui m’emmène jusqu’au prochain col m’enchante. Toutes ces fleurs ! Toutes ces couleurs ! Je n’ai pas vraiment de mots… Ouais, je me tais, tu as raison :-D
Pas de Cheville : dernier point haut
Je franchis cette dernière étape jusqu’au Pas de Cheville (2037 m) avec une certaine mélancolie : nous atteindrons bientôt le terme de cette belle aventure. Bon, je te rassure tout de suite, j’ai encore une belle liste de balades à entreprendre ! C’est fou comme l’orientation des pensées influe sur ma motivation physique, je me sens à nouveau plein d’énergie !

Debout au sommet de cette ultime étape, une jambe sur le canton de Vaud, une jambe en Valais, je me prépare pour cette dernière descente sur… Derborence et l’auberge du Lac. D’ici un peu plus d’une heure, la boucle sera bouclée. Un joli effort pour une randonnée de début de saison !
Je vais cependant rapidement oublier les moments difficiles pour me souvenir uniquement de toutes les beautés rencontrées, de toutes les merveilles emmagasinées, de toutes les émotions ressenties.
Une rando sur 3 jours… voire plus
Peut-être un seul regret : y avoir consacré trop peu de temps. Faire cette randonnée sur trois, quatre, voire sept jours serait le summum, pour bien profiter de chaque instant, de chaque point de vue, de tous ces magnifiques tableaux qui s’offrent à toi. D’autant qu’il y a suffisamment de gîtes, de cabanes, de refuges pour découper la balade en de nombreuses étapes.
Quoi qu’il en soit, je te recommande chaudement cette escapade. Juste, attends encore un peu avant de t’y aventurer, comme tu as pu le constater, les sommets sont encore bien enneigés. Au besoin, renseigne-toi sur les conditions le long du parcours, par exemple auprès des cabanes qui le jalonnent. Tu trouveras toutes les informations pour les contacter juste en dessous.
Tiens, ça me donne presque envie de refaire ce parcours en fin d’été histoire d’apprécier les différences. À suivre donc…
Peut-être, cette fois, dans l’ambiance des cabanes, pour changer complètement.
Au plaisir de te retrouver bientôt sur les sentiers et les sommets…
Informations pratiques
Région
Suisse > Valais > Conthey > Derborence
Suisse > Vaud > Bex > les Plan-sur-Bex > Pont de Nant
Accès en transport public et voiture
En transport public : bus 331 au départ de Sion, gare, en direction de Aven, village. Descendre à l’arrêt Derborence. Voir les horaires sur le site des CFF.
En voiture : grand parking gratuit à Derborence, au départ de la rando. Accès au point de départ de la randonnée.
Infos et carte de l’itinéraire suivi
Durée : | 20h00 | Point haut : | 2586 m |
Distance : | 52.2 km | Point bas : | 1243 m |
Dénivelé + : | 3683 m | Difficulté : | T3 – randonnée en montagne exigeante |
Dénivelé – : | 3683 m | Boucle : | Oui |
- Le site du Tour des Muverans
- Tu peux également commander la carte pédestre 1:25’000 : « Du Rhône aux Muverans ». À ma connaissance, c’est la seule carte qui couvre l’ensemble du Tour des Muverans. La carte contient également les temps de parcours. Pratique pour planifier ta rando !
- Une version du parcours plus estivale, en format pdf, article paru dans le magazine « Les Alpes » 7/1998
- Le profil du parcours, en format pdf, avec les temps de marche de chaque étape. Document du site valais.ch
Où dormir, manger, se désaltérer… ?
Pour les nuitées, je te recommande de réserver. Voici les liens utiles pour le faire.
- Refuge du lac de Derborence (1464 m)
- Gîte de l’alpage de Dorbon (1956 m)
- Cabane Rambert (2584 m), Club Alpin Suisse CAS, section des Diablerets
- Gîte de Lui d’Août (1959 m), ski-Club Saillon
- Cabane Fenestral (2453 m), ski-club Chavalard
- Cabane de Sorniot (2066 m)
- Cabane du Demècre (2361 m)
- Cabane de la Tourche (2198 m), Club Alpin Suisse CAS, section St-Maurice
- Auberge de Pont de Nant (1252 m)
- Buvette et dortoir la Vare (1758 m)
- Cabane Barraud (1955 m), Club Alpin Suisse CAS, section des Diablerets
- Refuge Giacomini (1877 m)
À faire, à voir sur le tour des Muverans
- Visiter le Jardin botanique alpin de Pont de Nant
Le Tour des Muverans en famille ?
Faire le Tour des Muverans peut être une magnifique aventure à partager en famille. Assure-toi juste que tous les membres de la famille ont le niveau pour réaliser cette balade avec bonheur.
Sans réaliser le tour complet, certaines parties de l’itinéraire se prêtent relativement bien à l’accès en famille, je pense notamment à :
- la montée jusqu’au gîte de l’alpage de Dorbon, depuis Derborence
- la traversée depuis Lérié jusqu’à la cabane Sorniot (attention, chemin vertigineux !)
- la découverte du magnifique Vallon de Nant, le long de l’Avançon, depuis Pont de Nant (accès par Bex, puis Les Plans-sur-Bex)
- la montée depuis Pont de Nant jusqu’à La Varre ou à la cabane de Plan Névé
Conseils et recommandations
Certains passages sur l’itinéraire réalisé sont de l’ordre de la randonnée alpine, comme décrit dans l’article. Assure-toi d’avoir le niveau et l’équipement qui correspond à ce type d’activité.
Très bel article Nicolas, merci pour la découverte ! Tu a le talent par tes descriptifs et par tes photos pour donner l’impression au lecteur d’être sur place ! 😊 Merci
C’était un plaisir, Nicolas, de partager ce Tour des Muverans avec toi, je suis très content si cet article t’a immergé dans cette magnifique rando…
Alors là c’est top ! Ton article super documenté donne vraiment envie de s’équiper et grimper ! Et bravo pour la mise en page, la lecture est très agréable.
J’avais entendu parler de ce tout, maintenant je VEUX y aller 😀
Merci pour le partage et les infos et bonne suite !
Ah ah, oui, tu as bien raison, ce Tour des Muverans est une magnifique rando d’été. Et il y a suffisamment de refuges sur le parcours pour le faire en 3, 4, 5 jours ou plus, histoire de bien profiter de cette région magnifique.
Je te souhaite une belle rando, tu me rediras comment ça s’est passé pour toi…
Le gout de l’Effort « Seul au monde » à déguster une grenade : Dieux que c’es Bon !
Une vraie récréation, ce « récit-marathon »
thank’s
Oui, tu as bien raison, ce Tour des Muverans est une vraie récréation, merci pour ton commentaire 😉
très beau descriptif égal à mon ressenti. J’ai fait le tour en 3 jours aussi en août depuis pont de nant direction derborence avec le passage différent au col des martinets après la tourche
Descente difficile et assez glissante du col des martinets à pont de nant
Bonne randonnée et merci à toi de poster ces belles vidéos et nous faire profiter de tours différents
Merci Christophe pour ton retour sur ce magnifique Tour des Muverans. En plus, ça ma donne vraiment envie d’aller voir ce col des Martinets de plus proche 😂
merci pour la vidéo, je vais le faire par étape, plus facile à mettre dans l’agenda comme cela.
Oui, c’est une excellente approche que de faire le Tour des Muverans par étape. De plus septembre ou octobre (avant les premières neiges) est une période idéale pour de tour. Belles randos ☀️
je découvre tes vidéos avec un immense plaisir, toujours bien détaillées et pleine de spontanéité et d’humour….je connais beaucoup d’endroits de ce tour des Muverans mais toujours sur un ou 2 jours…il faudra qu’en 2022 je fasse le tour, mais à 64 balais ça devient plus dur….à voir sur 5 ou 6 jours….petite question , je pense que tu as des chaussures de Rando donc non cramponnable….à part les Petzl hybrides que l’on peut chausser avec presque n’importe quelles chaussures mais qui ont des pointes en alu que conseilles tu comme crampons acier qui pourrait aller avec des Sportiva tx4 par exemple.?? merci et au plaisir de découvrir d’autres vidéos….
Hello Alain, merci pour ton retour. C’est vrai que le tour au complet, ça vaut vraiment la peine.
Quel est ton objectif par rapport aux crampons sur les TX4 ? Juste pour franchir des névés sur un tour comme les Muverans ?
Pour ma part, si j’emporte des crampons, je les mets avec des chaussures hautes et plus rigides, comme les Montura Horizon avec lesquelles j’ai fait le Tour des Muverans. S’il y a de la neige, de mon point de vue ça ne se discute pas. Je suis très hésitant à mettre des crampons sur des chaussures de type TX4 et j’avoue que je n’ai jamais testé. La question est cependant intéressante, je vais recueillir quelques avis sur la question.
merci pour ta réponse…j’avais vu le gars de « grandeur nature » que tu connais peut être qui avait testé des Petzl sur tx4 mais c’est vrai qu’il faut bien serrer les crampons et comme la chaussure est assez souple ça presse un peu sur les doigts de pieds….j’ai aussi des garmond guide pro mais un peu rigide et lourde pour de la randonnée…je connais bien les doudounes Montura qui sont géniales mais pas cette chaussure…elle taille large ou étroit au niveau des doigts de pied..?
Oui, j’ai vu que Fabien faisait ça. De mon point de vue il y a deux approches: soit il y a de la neige partout et du coup ça vaut la peine de prendre des grosses et de bons crampons acier (comme sur ce Tour des Muverans), soit c’est de la rando estivale avec risque d’un ou deux névés sur le parcours et là ça peut être (très) utile d’avoir des crampons à mettre sur une chaussure souple. Dans ce cas je prendrai des crampons légers, par exemple les Petzl Léopard. Dans tous les cas un piolet. Souvent je pars d’ailleurs juste avec un piolet et pas de crampons. Suivant ta technique, ça permet déjà de voir venir 😉
Mais ce n’est que mon avis…
Les Montura Horizon taillent plutôt large. En tout cas lorsque je compare à mes Scarpa Mont Blanc
merci à toi..effectivement d’après tes tests elles ont l’air vraiment bien ces montura et confortables…je connaissais un magasin à Annecy (Montania sport) qui en avait mais ce n’est plus le cas…non plus chez Baechli ou Francois sport à Morges….tu les a essayée dans quel magasin….désolé pour le dérangement et meilleures salutations.
Je les ai essayées et achetées chez Follomi Sports à Sion. J’ignore s’ils ont encore cette marque, aux dernières discussions avec le patron, Montura ne semblait pas très coopératif en cas de problème avec la chaussure. Si tu as l’occasion de passer en Valais, tu peux les appeler pour voir s’ils en ont toujours 😉
J’aime ce que vous faites.
De belles randos avec de belles images. Continuez à faire du bon travail.
J’ai ajouté votre site à mon blog.
Top, merci pour ton commentaire 👍
Un blog fantastique ! Avez-vous des conseils utiles pour les écrivains en herbe ?
J’ai l’intention de créer mon propre site bientôt, mais je suis un peu perdu.
Suggérez-vous de commencer par une plateforme gratuite comme WordPress ou d’opter pour une option payante ?
Il y a tellement d’options que je suis complètement perdu…
Des suggestions ? Merci !
Hello Edwin, merci pour le compliment par rapport au blog. De mon point de vue, le mieux pour commencer est Wrodpress qui est facile à prendre en main, gratuit et il y a beaucoup de tutoriels sur Internet pour s’en servir.
Bienvenue dans l’aventure de la création de sites…